Une heure avec Jacques Ellul, l'homme qui avait presque tout prévu
- Zgur_

- 20 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mars
Dans son billet sur "La célébration du vide" du Grand Journal de Canal Plus (billet du 02.08.2013 - lire ici sur web.archive), Authueil faisait référence à un livre et à la pensée de Jacques Ellul.
La pensée d'Ellul est très intéressante mais j'avoue humblement que j'ai eu beaucoup de mal à lire en partie un de ses bouquins. Trop ardu pour moi.
Et il en a écrit une soixantaine !
Alors je me suis contenté de lire des articles sur lui ainsi que l'excellent bouquin de Jean-Luc Porquet dont je vous conseille vivement la lecture :

Ou d'écouter ce qu'on trouve de lui
En voici pour presque une heure, très intéressante :
Extraits :
"C'est un des aspects qui est très grave dans notre société, c'est que la technique ayant détruit tout ce que l'homme appelait ou considérait comme le sacré, dans la nature, etc., eh bien l'homme est spontanément amené à regarder la technique comme du sacré."
...
Je ne voudrais pas effectivement que mon discours soit trop pessimiste et trop fermé.
Je voudrais expliquer que l'homme étant encore, encore, un peu, un homme, ayant encore des besoins humains, étant encore capable d'amour, étant encore capable de pitié, étant encore capable d'amitié, ... et bien cet homme va - Est-ce qu'il va le faire ? Est-ce qu'il ne va pas le faire ? - prendre conscience de cette détermination par la technique, de cette suppression de ces obligations dans lesquelles il est engagé, de ces conditionnements techniques.
S'il prend conscience, alors là commence pour lui la liberté.
Parce que c'est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine que nous faisons le plus grand acte de liberté. A partir du moment où je suis capable de l'analyser comme j'analyserais un caillou comme j'analyserais n'importe quel objet, où je peux l'analyser ou je peux percer ses orientations à partir du moment où j'arrive à démonter les enchaînements de ce système technicien, et bien, c'est là que commence ma liberté.
Mais aussi, je sais que je suis déterminé, par ce système technicien.
...
Il faut toujours savoir que tout progrès technique se paie. Que tout bonheur de l'homme se paie. Et qu'il faut toujours se demander quel est le prix que l'on va payer. Quand Hitler est arrivé au pouvoir, on a dit "Mais les allemands sont fous. Ils ont tous été pour Hitler ou presque."
Bien sûr.
Hitler a fait disparaitre le chômage rapidement.
Il a redonné au Mark toute sa valeur très rapidement.
Il a fait multiplier brusquement la croissance économique très rapidement.
Comment voulez vous qu'une population peu informée et qui voit ces miracles économiques se produire, comment voulez-vous qu'elle soit contre ?
Il suffisait de se poser la question : Quel est le prix ?
Qu'est-ce que l'on paye, ou qu'est-ce que l'on va payer en échange de ce progrès économique, de cette amélioration du Mark, de cette suppression du chômage etc.
Qu'est ce que ça va coûter ?
On se serait alors rendu compte que cela risquait de coûter très cher cette réussite là, mais ça, c'est typique de notre société moderne.
Alors que dans une société traditionnelle, on pose toujours cette question là. Toujours. C'est à dire, si je fait ceci qui perturbe l'ordre du monde, qu'est ce que cela va coûter ?"
Il a dit aussi quelque part :
"Ce qui s'est produit a, presque chaque fois et dans tous les domaines, confirmé ce que j'avais prévu. Or, je ne puis m'en réjouir, ni m'en enorgueillir, car j'écrivais pour éviter qu'il en soit ainsi!"
Alors ? Ellul, un prophète de malheur ?
Ou (encore) quelqu'un trop en avance sur son temps et qu'on aurait du plus écouter ?
Arf !
Zgur_
Repris d'un billet du 03.09.2013
Bonus 2026 :
JACQUES ELLUL - PROPAGANDE , LA FORMATION DE L'OPINION (podcast - 1962)




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